Formation sans slide : amélioration de la performance et plaisir d’apprendre ensemble

amélioration de la performanceQuand j’ai proposé à mon client d’assurer une formation à des managers sans utiliser Powerpoint, il m’a regardé incrédule. Je l’avais certainement sorti de sa zone de confort… Et je dois avouer que je m’en étais sorti moi-même ! A la fin de la formation, tous les participants étaient unanimes : vive la formation sans slide, vive les idées qui font foisonner les échanges entre pairs ! Je vous propose de partager cette première expérience qui en appelle d’autres.

 

Cela fait plus de 15 ans que je forme des managers sur l’ amélioration de la performance. J’ai connu une première révolution il y a 10 ans quand une spécialiste en ingénierie pédagogique que j’ai embauchée m’a demandé de tout revoir : mes supports étaient trop riches et pas assez visuels, mes messages trop techniques, mes formations manquaient de dynamisme (les cas type Harvard c’est bien, les simulations et jeux c’est mieux),… bref, mes formations étaient « planplan » ! Les stagiaires étaient plutôt contents, mais j’étais en train de grignoter un fromage qui finirait par disparaître et il était temps d’en changer (cf. Qui a piqué mon fromage !).

Nous avons passé quelques mois à refondre toutes nos formations sur la base de 3 règles :

  • le poids des mots, le choc des images : communiquer le sens au travers de mots simples appuyés par des images fortes, en n’oubliant pas que chacun retiendra au mlieux 3 idées par jour,
  • vivre les choses : apprendre par le jeu et la simulation pour vivre « dans sa chair », ce qui laisse plus de traces…
  • apprendre pour agir : se focaliser sur les principes indispensables pour déclencher les premières actions, penser chaque objectif pédagogique en termes d’usage.

Cet investissement a porté ses fruits : les stagiaires étaient plus impliqués, les idées importantes mieux intégrées et tout le monde plus satisfait. De professeur, j’étais passé au stade de formateur !

Nous avons ciontinué à innover en créant des parcours de professionnalisation pour managers qui mêlent formations présentielles, virtuelles, e-learning, actions terrain… tout cela porté par la première plate-forme d’e-learning spécialisée sur la perfromance opérationnelle et managériale.

Un jour, j’ai laissé longuement échanger un groupe de managers entre eux au détriment de mon timing serré. J’ai dû rogner sur une présentation pour ne pas shunter la simulation. A la fin de la séance, tous les managers étaient ravis d’avoir enfin pu échanger entre eux dans un contexte propice à l’écoute et au partage.
Sans parler de révélation, cette scène m’a confirmé dans l’idée qui me trottait dans la tête depuis quelques mois : les participants ont beaucoup de choses à apprendre, certes, mais surtout, ils ont beaucoup de bonnes pratiques concrètes à s’échanger. Ce jour là, j’ai compris que nous devions laisser plus de place pour les échanges entre pairs : l’idée de faire une formation sans slide est née.

Surtout, ne confondez pas « sans slide » et « free style« ! Jamais une formation n’a pris plus de temps de préparation. Voici quelques ingrédients qui ont je pense fait le succès de cette première expérience :

  • soigner l’entrée en matière : comme tout changement, ce nouveau format (pas de slide, pas de guide du stagiaire) risque de déstabiliser le groupe et vous n’avez pas de temps pour vous étaler sur la démarche pédagogque. Utilisez une simulation ou un exercice court qui énergise le groupe et crée les premiers liens pour favoriser les échanges par la suite,
  • équilibrer et articulez bien simulations et échanges : chaque séquence de simulation est l’occasion de faire passer un ou deux principes clés qui font ensuite l’objet d’un échange. Pour ce premier essai, j’ai pris le parti du 50/50 entre simulations et échanges,
  • expliquer bien les règles du jeu des échanges entre pairs : c’est un moment de partage de bonnes pratiques concrètes sur un périmètre clair en lien avec les objectifs pédagogiques et non un débat d’idées. Chaque personne qui témoigne est encouragée à illustrer ses propos par des faits, des chiffres et des schémas. Lorsque le groupe a du mal à démarrer sur un thème, ayez 2 ou 3 questions ouvertes pour allumer la mèche.  J’ai pris comme principe de limiter la durée de chaque séquence d’échanges entre pairs à 45 mn (pour 12 stagiaires), afin de laisser suffisamment de temps de parole à chacun mais pour forcer le groupe à se focaliser sur « son » essentiel. J’ajoute 10 mn de synthèse pour demander au groupe de formaliser les idées clés qu’il retient de chaque échange et je garde 5 mn pour raccrocher ces échanges aux fondamentaux théoriques.

Nos formations pour managers prendront la forme de véritables séminaires au format MindBoxx pour pousser encore plus loin la logique d’échanges. Histoire à suivre…